à venir

La Fabrique du Nous

Rituel·le·s

du  au 
© Blaise Adilon

Lygia Pape, Divisor, 1968
Collection IAC, Villeurbanne/Rhône-Alpes

© Blaise Adilon

L’Institut d’art contemporain et URDLA proposent avec leurs équipes un nouveau projet destiné à se renouveler tous les deux ans à Villeurbanne : La Fabrique du Nous, une invitation à la création et à la rencontre à l’échelle du territoire. Comment apprendre ensemble à construire du lien avec l'art en partage ?

Dans cet esprit d’ouverture aux habitants de Villeurbanne, l’IAC et URDLA étendent leurs activités à la rue en y multipliant les temps de rencontres artistiques imaginées à partir de leurs expositions. D’URDLA à l’IAC en passant par la Ferme des artisans, ce sont autant de moments partagés proposés par les artistes sous la forme de rituels, de marches, de danses, de lectures, d’ateliers…

La Fabrique du Nous, c’est aussi une école initiée par le Laboratoire espace cerveau pour expérimenter d’autres modes de relations à partir de l'expérience sensible que l'art nous propose. C'est également y découvrir les recherches croisées d’artistes et de scientifiques susceptibles d'interroger notre vision du monde pour nous transformer.

Pour sa première édition, La Fabrique du Nous a choisi de s’appuyer sur les pratiques de rituels portés principalement par des artistes femmes pour la force de lien que celles-ci génèrent. Alors qu’elle devait ouvrir au printemps, printemps qui nous a échappé, celle-ci s’inaugure à l'automne. Plus qu’un défi en ces temps de distance physique imposée, La Fabrique du Nous apparaît comme une respiration, un souffle. En célébrant le solstice d'hiver, les artistes nous invitent à préparer le printemps prochain, le renouveau : ensemble, apprendre à fabriquer du nous, plus que jamais.

RITUEL·LE·S


En hommage à l’ensemble des femmes, majoritaires dans les secteurs d’activité essentiels au cours de la crise sanitaire, actrices de rituels de soin.

À l’occasion du lancement de La Fabrique du Nous, l’IAC présente l’exposition Rituel·le·s.
Le rituel, à la manière de l'art, inaugure et répète une série d’actes et de paroles codifiés. Religieux, magique ou quotidien, de passage, de purification ou d’envoûtement, il se situe entre le faire et l’être, le gestuel et le verbal. Symbolique, il permet l’apparition répétée de communautés relatives et du nous, au centre de ce projet.

La période hivernale qui accueille l’exposition nous invite à l’engourdissement, au retrait – comme ce qui a pu être vécu par certain·e·s lors du confinement – ce moment de latence peut aussi être un temps de préparation : la durée des jours n’augmente-t-elle pas dès le lendemain du solstice d’hiver ? Dans cette attente régénératrice, les rituels anciens ou nouveaux sont de possibles processus de transformation pour renouveler les récits et esquisser un autre rapport à notre milieu.

Cette exposition, résultat d'un travail d'équipe, entremêle des œuvres d’artistes de renommée historique telles que Lygia Pape, Gina Pane ou Adrian Piper, issues de la collection de l'IAC et autres collections publiques, avec celles d'artistes invitées, parmi lesquelles des participantes du Laboratoire espace cerveau. En reliant ces travaux d'artistes femmes de différentes générations, Rituel·le·s souhaite penser ensemble individu et collectif et placer l'expérience commune au cœur de son action.

Rituel·le·s trouve ses forces dans l’écoféminisme, mouvement activiste né dans les années 1980 aux États-Unis qui articule l'écologie au féminisme au sein d’actions pacifiques et créatives. Fruit de débats qui trouvent de nombreux échos aujourd’hui, la pensée éco-féministe vise à déconstruire le concept de nature tout en pointant la domination conjointe exercée sur la nature et les femmes. Celles-ci luttent pour se réapproprier leur corps et le rapport à la Terre et au reste du vivant, notamment par l’intermédiaire de rituels sororaux1. L'exposition se nourrit de cet « art de la transformation de soi et du monde»  pour accorder le concept de rituel au féminin.

Polysémique et protéiforme, le rituel déploie une forte dimension performative et esthétique où la mise en scène des corps est déterminante. De nombreuses artistes femmes appréhendent justement leurs performances comme des rituels potentiels, des occasions de dessiner leur place - notre place - au sein du vivant par l’intermédiaire de gestes, d'objets, de moments de spiritualités partagées, d’incantations ou de cérémonies ; autant de voies alternatives pour relancer l'émancipation collective, encore.

1 La sororité est un concept équivalent à celui de fraternité pour désigner le principe de solidarité et de communauté entre femmes.
2 Émilie Hache, préface de Starhawk, Rêver l’obscur. Femmes, magie et politique, Paris, Éditions Cambourakis, 2015, p.12.
IAC → EXPOSITIONS → in situ → La Fabrique du Nous
i-ac.eu/fr/expositions/24_in-situ/2020/576_LA-FABRIQUE-DU-NOUS
imprimé le 30 septembre 2020 [16:15] depuis l'adresse IP : 3.235.51.33
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