Lygia Pape

Née en 1927 à Nova Friburgo (Brésil) – décédée en 2004 à Rio de Janeiro (Brésil)

Sculpteure, graveuse et cinéaste, Lygia Pape est une des figures les plus importantes de l’avant-garde artistique brésilienne de la seconde moitié du XXe siècle, à l’instar de ses compatriotes Lygia Clark et Hélio Oiticica. Son œuvre sociopolitique aux formes multiples a été largement célébrée par les institutions et manifestations artistiques les plus prestigieuses du monde. Exposée dès 1955 à la Biennale de São Paulo (et à plusieurs éditions ultérieures), son œuvre a connu un fort regain d’intérêt dans les années 1990-2000 avec notamment des expositions au Guggenheim de New York (2002), à la Biennale de Venise (2003), ainsi qu’une rétrospective à la Serpentine Gallery de Londres en 2011.

De ses études au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, elle obtient un diplôme de philosophie et d'esthétique et fait la rencontre entre autres d’Hélio Oiticica avec qui elle participe au Gruppo Frente en 1954, mouvement pionnier du constructivisme brésilien. Elle réalise alors entre 1955 et 1959 la série des Tecelares [Textiles], œuvres abstraites et géométriques où elle explore les qualités intrinsèques du bois comme sa texture et ses veines. En 1958, est créé avec Reinaldo Jardim le Balé Neoconcreto 1 [Ballet Néo-concret 1], pièce où les danseurs se déplacent dans un espace scénique occupé par des formes cylindriques et cubiques. L’année suivante, elle est une des signataires du Manifeste Néo-concret (1959) et commence ses premières œuvres intéractives et participatives, comme le Livro da Criação [Livre de la Création], ouvrage composé de cent dix-huit unités de formes et couleurs différentes que le lecteur doit manipuler. La dissolution du groupe Néo-concret en 1963 et l’arrivée de la dictature militaire au Brésil en 1964 marque un tournant dans la carrière de Lygia Pape. Son travail plastique se transforme peu à peu en une critique de l’institution et de la situation politique brésilienne, et fait partie ce que l’on appelle la « Nouvelle objectivité brésilienne ». Ses Caixa de baratas [Boîte de cafards, 1967] et Caixa de formigas [Boîte de fourmis, 1967], qui contiennent des insectes vivants dévorant de la viande ou se déplaçant sur un miroir, sont des critiques frontales de la « momification » de l’art muséal mais évoquent aussi les conditions de vie marginales de la population brésilienne face à la voracité du régime dictatorial. En 1968, Lygia Pape réalise des expérimentations sensorielles et participatives avec Divisor et O Ovo [L’Œuf], où les spectateurs doivent déchirer de fines feuilles de papier ou de plastique colorées enveloppant des cubes de bois. À cette période, l’artiste commence aussi à investir le domaine du cinéma en collaborant avec la vague du Cinema Novo. Entre 1967 et 1976, elle réalise plus d’une dizaine de films dont Our Parents “Fossilis” (1974), un « collage » créé à partir de portraits d’« indigènes » prélevés dans des cartes postales. Elle s’intéresse aussi à la culture populaire dans A mão do Povo [Les mains des gens] et Carnival in Rio (1974), mais cette fois-ci dans un registre plus documentaire. Entre 1977 et 2000, elle présente sous différentes formalisations Ttéia, une installation composée de filaments, en cela proche de l’art de Fred Sandback, jouant sur de subtiles variations lumineuses, matérielles et scéniques.

La collection

Lygia Pape

Divisor

1968

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imprimé le 21 juillet 2019 [17:27] depuis l'adresse IP : 54.242.193.41
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