Adrian Piper

Née en 1948 à New York (ÉTATS-UNIS)
Vit et travaille à Cape Cod (États-Unis)

Adrian Piper est une des figures majeures de l’art conceptuel américain ainsi qu’une philosophe et enseignante reconnue aux États-Unis. Profondément engagé, son travail se déploie depuis le milieu des années 1960 à travers de nombreux médiums comme la performance, la photographie, la vidéo ou encore l’installation. Son œuvre a été largement exposée dans le monde, comme lors de la mythique exposition Information au MoMA en 1970, ainsi qu’au New Museum de New York (2000), au MACBA de Barcelone (2003) ou enfin lors de la Biennale de Venise en 2015 où elle a obtenu le Lion d’Or du meilleur artiste. Diplômée de la School of Visual Arts de New York en 1969, Adrian Piper étudie ensuite la philosophie au City College de New York (jusqu’en 1974) et obtient son doctorat à l’université d’Harvard en 1981. Entre 1977 et 1978, elle effectue également une année à l’université d’Heidelberg en Allemagne qu’elle consacre à l’étude des œuvres de Kant et Hegel.

Les premiers travaux d’Adrian Piper remontent aux années 1965-1967 alors qu’elle est encore au lycée. À cette période, elle produit des LSD Paintings, des peintures ou dessins psychédéliques qui jettent sur la toile les visions hallucinatoires que lui procure l’absorption du puissant psychotrope (Alice Down the Rabbit Hole, 1966). Ces visions colorées et délirantes restent à part dans le travail de l’artiste qui, sous l’influence déterminante de l’œuvre de Sol LeWitt, s’engage dès 1967 dans la voie de l’art conceptuel. En 1968, elle produit sa première série importante, Hypothesis: Situation (1968-1970), où elle enregistre et analyse sous une forme documentaire sa propre perception de ses mouvements dans l’espace. C’est à partir de 1970 qu’Adrian Piper intègre à son travail les concepts de race, de genre et d’identité qui façonnent l’œuvre que l’on connaît désormais. Née à Harlem au sein d’une famille de la classe moyenne afro-américaine, l’artiste est très tôt confrontée au regard que l’on porte sur l’Autre et la manière dont cela affecte la construction de son identité. Dès lors, son travail entre en forte résonance avec sa propre existence, comme lors de performances dans la rue avec Catalysis (1970-1972) ou encore The Mythic Being (1972-1975), un corpus de photographies documentant une série de performances qui mettent en scène son alter ego masculin inventé, dont l’apparence (moustache exagérée et coiffure afro) renvoie aux stéréotypes communs sur les noirs américains. Avec les célèbres Funk Lessons (1982-1984), elle invite, au cours d’évènements prenant la forme de performances collaboratives et collectives, les participants à écouter et à danser sur de la musique funk pour les amener à réfléchir sur les stéréotypes raciaux. Les questions du racisme et de la xénophobie sont également traitées dans de larges installations multimédias comme Cornered (1988) où elle examine l’héritage de l’esclavage ou Out of the Corner (1990) portant sur les émeutes raciales de 1992 à Los Angeles (Black Box, White Box, 1993). Son travail des années 2000 aborde quant à lui des questions philosophiques comme la transcendance (YOU/STOP/WATCH, 2002) et les structures de notre conscience (Vanishing Point, 2009).

La collection

Adrian Piper

I/You (Us) (AP/N-88.A-.F)

1975

Éditions

Adrian Piper

Textes d’œuvres et essais

2003

Institut d’art contemporain
La collection

Adrian Piper

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imprimé le 24 juin 2019 [23:18] depuis l'adresse IP : 3.90.45.27
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