Karen Knorr

Née en 1954 à Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
Vit et travaille à Londres (Grande-Bretagne)

Figure emblématique de la photographie contemporaine, Karen Knorr appartient, aux côtés notamment de Jeff Wall, à une génération d’artistes ayant remis en question la nature de la photographie, ne la considérant plus comme une pure expression de la réalité, mais comme une image fabriquée.
L’idée d’« instant décisif » chère à Cartier-Bresson est ainsi abandonnée au profit d’un principe de mise en scène systématisé, dont l’artificialité de la composition permet de véhiculer un discours critique. À la fin des années 70, son intérêt se porte tout d’abord sur des questions d’ordre social, au travers de séries associant textes et photographies en noir et blanc, jouant autant sur les codes de la photographie conceptuelle que sur ceux du style documentaire. Avec les séries Belgravia (1979) et Gentlemen (1981-1983), elle met en scène les membres des classes privilégiées de l’ère Thatcher dans les intérieurs cossus de leur maison ou de leur club privé, dont les décors semblent appartenir à une autre époque. Si le corps social semble disparaître de sa production ultérieure, la déconstruction des valeurs dominantes et des stéréotypes liés au goût et au savoir demeure l’objet principal de sa démarche artistique. Dans cette perspective, elle accorde une place déterminante à l’architecture, qui devient à la fois le cadre et le sujet de ses fictions photographiques. Dans des séries comme Connoisseurs (1986-1988), Academies (1994) ou Fables (2003-2008), elle s’intéresse tout particulièrement à des lieux prestigieux transformés en musée, témoins de l’Histoire et de la haute culture. Elle introduit dans ces décors somptueux des éléments incongrus, comme des scientifiques munis d’outils de mesure, des animaux vivants et empaillés ou des corps nus, qui observent, dans les positions archétypales de l’amateur d’art, les œuvres qui y sont exposées. En multipliant les évocations mythologiques et les références à l’histoire de l’art et de la littérature, Karen Knorr propose une œuvre où l’allégorie participe d’une parodie des arts du passé et d’une critique du jugement et de la connaissance comme catégories artificiellement construites.

The collection

Karen Knorr

La Princesse de Clèves – Tu m’aimes donc je suis

1996

Editions

Tiefenschärfe

2006

Wienand Verlag, Cologne
The collection

Karen Knorr

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printed on September 23, 2019 [00:40] from IP address : 18.206.16.123
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