Né en 1947 à Christchurch (Nouvelle-Zélande)
Vit et travaille à Brighton (Royaume-Uni)
Photographe et vidéaste, Boyd Webb s'est d'abord formé à la sculpture à la Ilam School of Art de Christchurch puis au Royal College of Art de Londres, de 1972 à 1975. Les moulages en fibre de verre qu'il fabrique alors sont coûteux et longs à réaliser et il décide d'employer le médium photographique pour s'affranchir de ces contraintes, construisant des mises en scène qu'il photographie en studio. Depuis les années 70, son travail a fait l'objet de nombreuses expositions, notamment à la Whitechapel Gallery (Londres) en 1978, au Centre Pompidou en 1983, au Nouveau Musée (Villeurbanne) en 1984 et au Hirshhorn Museum (Washington) en 1990. Il représente la Nouvelle-Zélande à la Biennale de Sydney de 1995, et en 1998 il est nommé pour le Turner Prize.
Artiste démiurge, Boyd Webb crée des univers hétérotopiques à partir d'installations dont les matériaux manufacturés (moquette, jouets en plastique, papiers peints) imitent des formes naturelles. L'appareil photographique, qui ne fait « aucune différence entre le vif et le mort » selon David Hockney, lui permet de passer outre le vraisemblable, le réaliste ou même le possible. Libéré des contraintes naturelles imposées par la sculpture, Boyd Webb joue sur une série d'ambiguïtés : où se situent le haut et le bas, l'organique et le synthétique, l'infiniment grand et le microscopique ? Ses œuvres utilisent la photographie comme une boîte de Petri illusionniste où tout est donné à voir, y compris les coutures et les ficelles de ce dispositif théâtral soigneusement agencé, comme dans Elephant Legs [Pattes d'éléphant] (1982).
Teintées d'humour et de surréalisme, les œuvres des années 1980 mettent en scène des personnages désorientés ou naufragés, qui semblent lutter contre les éléments au sein d'un « univers en moquette, […] d'un champ pneumatique et cosmique indéfini »(1) où tout est sens dessus dessous. Peu à peu, la figure humaine s'efface et l'espace devient davantage abstrait : au tournant des années 90, Boyd Webb réalise d'étranges compositions kaléidoscopiques où la forme animale est réduite à une présence indicielle (Croup en 1988, ou Cortex en 1990). Une tendance à l'abstraction qui se déploie dans ses dernières œuvres, des tableaux photographiques synthétisant phénomènes atmosphériques et biologie cellulaire, mais toujours fabriqués de toutes pièces.
(1) Jean-François Chevrier, préface du catalogue de l'exposition Matter of Facts, présentée au Musée des Beaux-Arts de Nantes du 24 juin au 31 août 1988.