Suzanne Lafont

Née en 1949 à Nîmes (France)
Vit et travaille à Paris

Les œuvres de Suzanne Lafont ont été notamment exposées à la Galerie nationale du Jeu de Paume ainsi qu’au MoMA (New York) en 1992, à la Pinacoteca de São Paulo en 2005, au Carré d’art de Nîmes en 2015. Elle a participé aux Documenta IX et X et à l’exposition Punctum en 2014 au Kunstverein de Salzburg.

Suzanne Lafont vient tardivement et de manière inédite à la photographie. Ses études philosophiques et littéraires sont à l’origine de son intérêt pour la photographie et des parallèles qu’elle établit entre la pensée grecque et l'art photographique. La philosophie antique procède d'une vision empirique des êtres et des choses, et de la théorie héraclitéenne d'un monde en perpétuel mouvement et en éternel devenir. Et la photographie, pour être issue des progrès techniques du XIXe siècle, ne s'en appuie pas moins sur une énergie naturelle et vitale, la lumière. Tentant de saisir une image en mouvement, elle conduit un projet comparable dans son principe à la rhétorique sophiste qui, refusant tout dogmatisme, suit l'inconstance de la pensée. C’est cette association d'une technique moderne à une dialectique antique qui fonde l'intérêt de l’artiste pour la photographie.

Suzanne Lafont a intégré en 1984 la mission photographique de la DATAR, participant alors à une commande publique pour dresser un état des lieux des paysages en France. Elle développe une photographie séquentielle et son œuvre se situe déjà entre réalisme et composition formelle.

Suzanne Lafont a donc débuté avec des photographies en extérieur mais la majeure partie de son œuvre se concentre sur le portrait. Si elle s'intéresse tant au visage, c'est parce qu'il est le lieu de tension entre l'être et le paraître. Iconoclaste, elle cherche, au-delà du réalisme feint de la photographie, une communauté humaine. De ses portraits, tout environnement géographique, historique, social… est occulté, seul le visage et son expressivité comptent. On a parlé à ce sujet d'un «réalisme ontologique», c'est-à-dire d'une volonté de capter un être dans sa quintessence.

Dans son travail récent, Suzanne Lafont déclare ne pas vouloir des images contemplatives, mais des images actives, avec une dimension théâtrale et un aspect performatif de plus en plus affirmés. La photographie comme mode de compréhension du monde rejoint alors le dispositif et l’installation.

La collection

Suzanne Lafont

Sans titre (titre attribué : L'homme au casque)

1987

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imprimé le 20 octobre 2017 [21:41] depuis l'adresse IP : 54.225.47.94
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