Candice Breitz

Née en 1972, Johannesburg (Afrique du Sud)
vit et travaille à Berlin

Née en 1972, Candice Breitz est une artiste originaire de Johannesburg dont le travail, essentiellement composé de vidéos et de photographies, entretient une relation ambivalente (autant fascinée que critique) à la culture populaire, cherchant à révéler comment celle-ci imprègne notre imaginaire et participe à la construction de notre identité. Après avoir étudié dans un premier temps dans sa ville natale aux Beaux-Arts de Witwatersrand, elle décide de partir aux Etats-Unis afin de poursuivre une formation en Histoire de l’Art, tout d’abord à Chicago puis à New-York, où elle obtient un doctorat à l’Université de Columbia. Vivant et travaillant désormais à Berlin, elle y enseigne depuis 2007 au sein de la Braunschweig University of Art. Reconnue internationalement, l’œuvre de Candice Breitz a fait l’objet de multiples expositions comme au Castello di Rivoli à Turin, au Palais de Tokyo, au San Francisco Museum of Modern Art, ainsi qu’à la Kunsthaus de Bregenz.

A l’instar de Pierre Huyghe, Philippe Parreno ou Christian Marclay, Candice Breitz fait partie d’une génération d’artistes qui ne souscrivent plus à l’idéologie moderniste prônant nouveauté et originalité dans le domaine des arts. Sa pratique est celle du ré-emploi, de la ré-interpréation et de la reproduction de formes et d’objets déjà existants, selon des modalités (montage, sampling, réagencement, etc) que le critique Nicolas Bourriaud a regroupées et théorisées sous le terme de « postproduction ». En effet, ses vidéos puisent dans l’immense réservoir à images ready-made que fournit l’industrie du divertissement. Sa matière première provient ainsi de films, soap-opéras, clips et publicités d’où elle extrait figures et situations, à la manière d’un inventaire iconographique pop. Soliloquy Trilogy, en 2000, est une triple projection vidéo comprenant des extraits de Sharon Stone (dans le film Basic Instinct), de Clint Eastwood (dans Dirty Harry) et de Jack Nicholson (dans Les Sorcières d’Eastwick). Candice Breitz a isolé chaque moment où leur personnage prend la parole afin de les monter bout-à-bout et d’obtenir un monologue incompréhensible où s’expose moins l’acteur que le stéréotype qu’il incarne à l’écran. Le monde de la musique et les icônes pop qui le peuplent ont aussi conduit l’artiste à réaliser des installations vidéo où des morceaux emblématiques de leur répertoire sont repris par leurs fans. Queen (A Portrait of Madonna) ou encore Legend (A Portrait of Bob Marley), toutes deux datées de 2005, mettent en scène une communauté de personnes reprenant en chœur leur chansons les plus célèbres. La série photographique intitulée Monuments (2007) s’intéresse quant à elle à la relation particulière qu’entretiennent les fans avec leur idole (Marilyn Manson, Birtney Spears, le groupe Abba,…). Ces grands formats problématisent la figure du fanatique, entre affirmation identitaire et retrait, mise en scène de soi et dissolution dans le collectif.

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printed on December 11, 2019 [21:21] from IP address : 3.234.214.179
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