Jean-Charles Blais

Né en 1956 à Nantes 
Vit et travaille à Paris

À peine sorti de l’École des beaux-arts de Rennes, Jean-Charles Blais participe en 1981 à l’exposition Finir en beauté chez le critique Bernard Lamarche-Vadel qui y a rassemblé les futures figures de proue du mouvement dit de la « Figuration libre » : Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas et Hervé Di Rosa.
Dès les années 80, Jean-Charles Blais affirme : « Je suis un artiste qui n’a pas d’idée, ni de sujet de tableau en tête ni de projet. Ma peinture est sans intention...1 ». Il utilise pour cela des supports dégradés : divers objets trouvés dans la rue (des cartons, des canettes, des bidons…), des affiches arrachées aux murs, des pages de journaux.

À partir de 1983, Jean-Charles Blais peint des personnages aux corps énormes, à l’étroit dans leur support, qui, en proie au désespoir (La Honte, 1983), au désir de meurtre (Portrait couteau, 1983) ou à l’ivresse (Mille secousses, 1983), se servent de leurs mains pour dissimuler leur visage. Les visages sont toujours cachés ou hors cadre. Ils sont parfois tout bonnement absents, ou bien minuscules, comme posés sur les cols gigantesques.
Dans la deuxième moitié des années 1980, il abandonne ces figures qui ont fait sa célébrité pour se consacrer à des visages ou à des bustes dont les traits sont simplifiés à l’extrême comme dans Le Portrait de C.B. (1989) où les oreilles de la femme sont représentées par ses initiales. Il collabore aussi avec des couturiers, des metteurs en scène de théâtre, des chorégraphes (notamment Régine Chopinot en 1993), et crée pour ces projets des silhouettes fantomatiques et émaciées. Il utilise alors divers matériaux : papier découpé, tissu, feutre, polyester diaphane.

Un nouveau tournant dans la carrière de l’artiste se produit lorsque, découvrant la technologie numérique, il se prend de passion pour elle. Aujourd’hui Jean-Charles Blais se tourne essentiellement vers l’image numérique et la projection d’œuvres visuelles, comme le montrent ses expositions depuis les années 2000 (exposition Double vue, Espace des arts, Chalon-sur-Saône, 2002 ; exposition rétrospective au Musée Picasso d’Antibes en 2013). On peut y voir des ombres et des lumières mouvantes, des formes énigmatiques qui se superposent en une danse étrange. Ces derniers travaux au format numérique sont finalement la suite logique d’une œuvre qui, depuis ses débuts avec des objets trouvés, s’est toujours attachée à déconstruire le support traditionnel du tableau et à refuser le fétichisme de l’œuvre d’art.
Jean-Charles Blais a également réalisé différents projets dans l’espace urbain, ce qui n’est pas étonnant, pour un artiste qui a puisé dans la ville des motifs de son répertoire pictural et graphique. C’est par exemple la frise de posters installée dans la station « Assemblée Nationale » du métro parisien (2013).

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Jean-Charles Blais

Sans titre

1984

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