Martial Raysse

Né en 1936 à Golfe-Juan, Vallauris (France) 
Vit et travaille à Issigeac (France)

Célèbre surtout pour sa période Pop, Martial Raysse est considéré comme l’un des artistes les plus innovants du XXe siècle, à la fois avant-gardiste et « peintre de tradition française » comme il se nomme lui-même.
L’œuvre internationalement reconnue de Martial Raysse eut a eu les honneurs dès 1965 d’une rétrospective au Stedelijk Museum d’Amsterdam, du prix David Bright (consacrant un artiste âgé de moins de quarante-cinq ans) à la Biennale de Venise de 1966, où il représente alors la France, et d’une rétrospective au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1967.
En 1992, le Jeu de Paume lui consacre une rétrospective. Puis c’est au tour du Centre Pompidou, en 2014, avec une vaste exposition qui retrace près de cinquante ans de création de l’artiste. En 2015, le Palazzo Grassi à Venise invite Martial Raysse à présenter une exposition non chronologique, de plus de 350 œuvres au caractère protéiforme, pour renouveler le regard porté sur cet artiste inclassable.

Fils d’artisans céramistes, Martial Raysse s’intéresse dans sa jeunesse à la littérature, écrivant dès l’âge de douze ans des poèmes et décidant d’entamer des études de lettres. C’est à dix-neuf ans qu’il choisit de se tourner vers la peinture et à vingt-trois, de réaliser des assemblages de détritus et d'objets divers, présentés dans des boîtes de plexiglas, les Poèmes-objets et Tableaux-objets. Il devient vite fasciné par le plastique, dont la beauté brute et la contemporanéité l’amènent à développer, avec le sculpteur Arman, le concept d’« hygiène de la vision ». Cette vision d’un monde « neuf, aseptisé et pur » fait référence aux présentoirs des vitrines comme dans Étalage, hygiène de la vision (1960) où le montage de plastiques, d’objets usuels colorés et d’emballages exprime l’image stéréotypée de la femme véhiculée par les médias. Il fait alors partie du groupe des Nouveaux Réalistes, dont il signe la « déclaration constitutive » le 27 octobre 1960 avec notamment Arman, Yves Klein, Jean Tinguely, Jacques Villeglé et Pierre Restany (qui en a écrit le manifeste). Par la réappropriation d’objets de la plus grande banalité, ces artistes entendent offrir une vision renouvelée de la réalité pleinement ancrée dans une société de consommation en totale expansion.

Se détachant rapidement des Nouveaux Réalistes, Martial Raysse manifeste plus d’affinités avec leurs homologues américains du Pop Art, des relations consolidées par de nombreux séjours aux États-Unis où son œuvre est fréquemment exposée. Entre 1963 et 1965, il entreprend une série ironiquement intitulée Made in Japan, un ensemble d’une quinzaine d’œuvres détournant des tableaux célèbres (en particulier d’Ingres, dont il reprend la Grande Odalisque en 1964) avec lesquels il engage un dialogue libre et décomplexé. S’inspirant de l’univers de la publicité, l’artiste utilise des couleurs vives, des photographies et des collages dans un style résolument pop. Parfois, il s’amuse à rajouter un néon dans ses portraits de femmes hautement colorés (Nissa Bella, 1964 ou encore Peinture à haute tension, 1965).

À partir de 1968, l’artiste prend ses distances avec le monde de l’art et se lance dans le cinéma avec la réalisation d’un court-métrage, Camembert Martial Extra-Doux (1969), puis d’un long-métrage, Le Grand Départ (1970). Cette mutation l’amène à se retirer dans le Périgord, où il opère, au sein d’une communauté d’amis, un retour à des formes d’expression plus traditionnelles dans les années 1970-1980. Radicalement différente au niveau du style, sa peinture est désormais nourrie par les rêves, le paysage, et constellée de références mythologiques. En 2001, il réalise ses premiers vitraux pour l’église Notre-Dame de l’Arche d’Alliance à Paris, dont le résultat atteste une forme de continuité avec la facture pop de ses débuts.

The collection

Martial Raysse

Image LXXI - Bénie soit la vie de famille

1982

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