Humberto Rivas

Né en 1937 à Buenos Aires (Argentine)
Décédé en 2009 à Barcelone (Espagne)

Né dans une famille ouvrière, Humberto Rivas étudie le dessin et la peinture à l'Escuela de Bellas Arte de Buenos Aires, et développe dans le même temps une pratique de la photographie en autodidacte, en l'absence de formation dédiée à la photo en Argentine à cette époque. Ses premières expositions ont lieu dès le début des années soixante, mais en 1968 il décide d'abandonner la peinture pour se consacrer entièrement à la photographie. En 1976 il part pour l'Espagne et décide de s'installer définitivement à Barcelone alors que la dictature militaire s'instaure en Argentine. Devenu une figure influente de la scène photographique catalane, il a reçu de nombreux prix dans son pays d'adoption ; plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées, notamment au MNAC (Cataluña National Museum of Art, Barcelone) en 2006, et en 2018 à la Fondation Mapfre (Madrid).

Véritable artisan de la photographie, Humberto Rivas est davantage un constructeur d'images qu'un partisan de l'instant décisif. Alternant travail en studio et prises de vues extérieures, il s'aide parfois d'outils de géomètre afin d'obtenir avec précision les effets d'ombres et de lumière qu'il recherche. Surnommé « le chasseur d'absences », Rivas traque, dans ses portraits puissamment contrastés et ses vues d'espaces désertés, toute trace d'abandon, tout ce qui, par-delà les apparences, peut échapper au descriptif. Avec la série Huellas [empreintes] réalisée entre 1995 et 2005, le photographe cherche à déceler dans les visages comme dans les paysages les stigmates enfouis de la guerre civile espagnole. L'effacement progressif de l'événement est double : par la nature spectrale de la photographie et par le passage du temps sur les êtres et les choses, témoins silencieux de ce qui a été là.

Dans ses portraits, Humberto Rivas développe un style frontal et sans artifices, qu'il photographie des célébrités comme Joan Miró, Antoni Tàpies, Jorge Luis Borges ou les marginaux des rues de Barcelone, dépeints sans voyeurisme ni spectaculaire. Lorsqu'il   réalise une série de portraits de l'artiste transformiste Violeta La Burra (1994), il la donne à voir dans sa nudité, au seuil de la représentation, créant ainsi, comme l'écrit Jaume Vidal « une fracture dans les habitudes de perception » (1).

La collection

Humberto Rivas

Magda

1986

La collection

Humberto Rivas

Boira

1985

La collection

Humberto Rivas

Brigitte

1984

La collection

Humberto Rivas

→ consulter les œuvres
de la collection en ligne
IAC → Humberto Rivas ← Artistes
i-ac.eu/fr/artistes/507_humberto-rivas
imprimé le 25 février 2026 [04:26] depuis l'adresse IP : 216.73.216.174
© Institut d’art contemporain 2026