Kapwani Kiwanga

née en 1978 à hamilton (canada) 
VIT ET TRAVAILLE À PARIS (FRANCE)

Kapwani Kiwanga a étudié l'anthropologie et les religions comparées à l'Université McGill au Canada ; par la suite elle s'est tournée vers le cinéma documentaire et a poursuivi son cursus en France, aux Beaux-arts de Paris et au Fresnoy-Studio national des arts contemporains. Elle a notamment exposé au Palais de Tokyo en 2022, au MIT List Visual Arts Center en 2019 (Cambridge, Massachusetts), à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo (Turin) et à Power Plant en 2017 (Toronto) ainsi qu’au Jeu de Paume en 2014. Son travail a été récompensé du Prix Marcel Duchamp en 2020, du Frieze Artist Award en 2018 et du prix artistique Sobey, la même année.
Kapwani Kiwanga a été choisie pour représenter le Canada lors de la 60e édition de la Biennale de Venise en 2024.

C’est par sa formation universitaire en sciences sociales que Kapwani Kiwanga nourrit son travail artistique, en empruntant aussi bien leur forme (la conférence) que leur méthodologie de recherche (enquêtes de terrain, travail d'archives, études comparatives). Elle en détourne la fonction et la finalité, moins par esprit de subversion que pour établir des récits alternatifs ayant la cohérence et la consistance de l'analyse historique. Initié en 2011, le Cycle Afrogalactica se décline en trois volets de conférences-performances où elle se présente comme une anthropologue de l'an 2278 étudiant les relations entre civilisations africaines et spatiales, relations qu'elle nomme « complexes Terre-Étoile ». Kiwanga s'approprie les suppositions les plus farfelues de certains archéologues européens, incapables d'admettre que les peuples africains aient pu fonder de grandes civilisations et qui supposaient donc que les vestiges de celles-ci soient le fait d'extraterrestres. Mais le geste de Kiwanga n'est pas simplement ironique : en poussant au bout la logique absurde de ces théories, elle ouvre une brèche spéculative permettant d'imaginer une multiplicité de futurs possibles.

Dans ses installations, Kapwani Kiwanga emploie des éléments relevant de différents types de savoirs ou croyances : archives sonores ou vidéos, photographies, textes, auxquels se mêlent des matériaux plus sensibles comme le tissu, les fibres, les plantes. Les arrangements floraux de l'installation Flowers for Africa (2013) sont « réactivés » à partir de photographies de la cérémonie d'indépendance d'états africains en 1960. L’événement historique est traité sous l'angle décoratif ; les gerbes et couronnes de fleurs, échappées du carcan des documents, racontent une histoire vivante. Une forme de reconstitution est également au cœur du Sun Ra Repatriation Project (2009), mais portée sous l'angle de la transmission orale. Décoloniser les savoirs, défaire les positions d'autorité pour permettre à chacun de manipuler à sa guise les traces du passé : pour Kiwanga, l'art, dans sa dimension spéculative, est un outil politique de transformation du présent.

La collection

Kapwani Kiwanga

The Marias

2020

La collection

Kapwani Kiwanga

→ consulter les œuvres
de la collection en ligne
IAC → Kapwani Kiwanga ← Artistes
i-ac.eu/fr/artistes/1787_kapwani-kiwanga
imprimé le 20 mai 2024 [20:17] depuis l'adresse IP : 44.210.83.132
© Institut d’art contemporain 2024