Jean-Marie Krauth

Né en 1944 à Haguenau, vit et travaille à Strasbourg

Né en 1944, Jean-Marie Krauth élabore depuis plus de quarante ans une pratique de l’art fondée sur la mémoire des lieux, qui, au travers d’interventions diverses (sculptures, installations, langage, cartels, livres, néons), cherche à en révéler ou du moins en interroger la poésie. Enseignant à l'École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg à partir de 1973, il a dirigé l'atelier métal, co-fondé l'option art, créé l'option objet, assuré la direction de l'école de 1988 à 1992 et engagé le projet de "la Chaufferie", la galerie de l'école. Son travail a bénéficié d’expositions personnelles notamment au Musée d'Art Moderne de Strasbourg (1982), au Centre d’Art Contemporain de Rennes La Criée (1988), au CRAC Alsace d’Altkirch (1994) ou encore au Mamco de Genève (1999), et a été montré lors d’accrochages collectifs au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne (1980), au Magasin de Grenoble (1986), au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (en 1984 et 1988), au CEAAC de Strasbourg (1999) ainsi qu’aux Abattoirs à Toulouse (2013).

Les œuvres de Jean-Marie Krauth du début des années 1980 comme They have blue suits (1983) et Le lieu du trésor du lac d'argent (1984), sont imprégnées de l’univers de l’enfance, invoquant jouets et contes avec une pseudo douceur. Eisen-Bahn – Berlin (1986), qui associe un train miniature, des chaises alignées et une plaque en fer, joue de la même façon avec les souvenirs du spectateur et affirme encore un peu plus le désir d’universalité du travail de Krauth. Datée elle aussi de 1986, Stèle pour une étoile est quant à elle une des premières œuvres conçues spécifiquement par l’artiste pour un lieu donné et consiste en une simple inscription célébrant le passage de la comète de Halley sur une stèle au bord d'un étang, près d'Altkirch. Cette intervention quasi invisible cherche en quelque sorte à transformer l’espace où elle est inscrite en délivrant au promeneur une information susceptible de modifier son regard. En réaction à l’actualité internationale et directement inspirée par l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, Lieu pour un mirage (1990) présente une série de petites flaques de plomb fixées aux murs comme autant d’impacts de balles. Des cartels alignés inventorient quant à eux les armes aériennes dont les noms sont devenus tristement célèbres lors de ce conflit (Apache, Phantom, Eagle, Sturm...). Ce sont bien ces deux interventions dans la ville de Strasbourg qui demeurent à ce jour ses œuvres les plus célèbres. Leur lieu (1995) est une installation de cent trente-sept petites sculptures de bronze dans le Parc de Pourtalès. Ces minuscules figurines, à l’allure proche des lutins, occupent en nombre mais discrètement ce petit territoire à la manière de génies du lieu. En 2000, à la faveur d’une série de commandes publiques pour la ville, Jean-Marie Krauth incruste des boussoles dans le sol des vingt-quatre stations de tramway. Sur chaque boîtier, un nom de lieu, connu ou inconnu, qui lui a été confié par les habitants, a été gravé avec son repère sur le cadran. Comme à son habitude, il interroge notre faculté à regarder des espaces dont la fonctionnalité a souvent occulté la poésie latente.

La collection

Jean-Marie Krauth

Le lieu du trésor du lac d'argent (à Karl May)

1984

La collection

Jean-Marie Krauth

Eclair(s)

1979

Éditions

Été 84

1984

Le Nouveau Musée
La collection

Jean-Marie Krauth

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imprimé le 21 septembre 2017 [17:55] depuis l'adresse IP : 54.80.77.124
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