Gloria Friedmann

Née en 1950 à Kronach (Allemagne), vit et travaille à Aignay-le-Duc (Côte d’Or, France)
Jeune artiste d'origine allemande, Gloria Friedmann est arrivée en France en 1977 à l'âge de 27 ans. Elle doit peut-être à sa double culture, germanique et française, dont les pôles complémentaires ont souvent été soulignés, une sensibilité plus riche et une approche différente des phénomènes.
A la fin dès années 1970, l’artiste s’intéresse à la photographie et plus particulièrement à la réalisation d’autoportraits. Elle se met alors en scène au sein de lieux désaffectés. Au début des années 1980, cependant, elle se tourne vers la pratique sculpturale et propose des travaux tentant de traduire de façon détournée le lexique de la nature avec des éléments issus de la production industrielle : pare-brise juxtaposés au sol indiquant la forme d’une vague, sections de tuyaux d’arrosage figurant des herbes agitées par le vent, sacs-poubelles en plastique formant un ciel d’orage… Les produits industriels sont alors chargés d’une dimension narrative et émotionnelle.
Elle poursuit sa réflexion en produisant des « tableaux vivants » rassemblant à chaque fois trois éléments qui symbolisent respectivement la nature, la culture et la civilisation, cette dernière étant le plus souvent incarnée par l’architecture. L’artiste a donné à ces tableaux vivants le titre de série Les Représentants, le double sens du terme assignant aux œuvres la double fonction correspondante : représentant un état du monde, ils en sont aussi les représentants (« de commerce ») par leur langage direct. Ici, daims, cerfs ou bœufs empaillés peuvent côtoyer des carcasses de voitures et de frigidaires.
Attachées aux paysages (physiques et mentaux), les œuvres de Gloria Friedmann traitent de la posture de l’homme au sein et vis-à-vis de son environnement. Elles tendent à souligner les contradictions de l’être humain : sa croyance en la science, les technologies et l’industrie, qui, pour des raisons économiques et politiques, ont mené, en partie, à la dégradation de la faune et de la flore. L’artiste confronte d’un côté, la nature, et de l’autre, les actions humaines afin de témoigner d’un présent aux prises entre un passé des origines perdues et un futur incertain.
On peut alors considérer que le travail de Gloria Friedmann concerne avant tout la notion d’ « écart », de « distance », entre deux mondes qui ne se comprennent et ne s’entendent plus. « J’aime que l’œuvre dise quelque chose et que la personne en face d’elle reçoive quelque chose. Mais je ne suis pas une artiste à message pour autant. Je n’ai pas mieux compris que les autres, je suis comme tout le monde, mais j’aime trouver la forme juste d’une idée – juste et inattendue. » Depuis le début des années 2000, la figure humaine refait son apparition dans les œuvres de Gloria Friedmann. Personnages de terre, de plâtre, marionnettes, portraits de foule : l’être humain peut aussi se manifester sous la forme d’ossements et de squelettes, jusqu’au crâne et son symbolisme de la Vanité.
La collection

Gloria Friedmann

Rivière d'une nuit d'hiver

1983

Éditions

Été 84

1984

Le Nouveau Musée
La collection

Gloria Friedmann

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imprimé le 12 novembre 2018 [19:25] depuis l'adresse IP : 54.80.249.4
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