BERTILLE BAK, OLAF BREUNING, DANIEL GUSTAV CRAMER, FRANÇOIS CURLET*, DOUGLAS GORDON, SYLVIE MAURICE, ARNO PIROUD, GILLIAN WEARING
* Avec la participation de Michael Dans, Pierre Huyghe, Ann Veronica Janssens, John Knight,Marina Pinsky et Christophe Terlinden
* Avec la participation de Michael Dans, Pierre Huyghe, Ann Veronica Janssens, John Knight,Marina Pinsky et Christophe Terlinden
Dans le cadre de la 15e édition de l'UE « Pratiques curatoriales » menée par les équipes de l'IAC Villeurbanne et l'ENS de Lyon (Stéphanie Fragnon et David Gauthier).
Devant l’impasse, face aux catastrophes, les guerres, les souffrances aussi différentes soient-elles, “je partirai !”. L’annonce esquissée par Stéphane Mallarmé dans Brise marine (Vers et Prose, 1893), il y a de cela deux siècles nous réunit encore aujourd'hui. Nous lisons son poème comme une promesse, le chant mélancolique d’un besoin de fuir et de son impossibilité. Animés par ce même désir, nous souhaitons nous extraire de ce monde malgré sa prégnance qui nous enserre. Se présente aussi un conflit interne, tiraillés entre l’égoïsme de la fuite et sa capacité à libérer autant qu'à rassembler.
Car la fuite ne se résume pas à une simple définition. De prime abord, il s’agit de se dérober face à une responsabilité, une menace ou une violence environnante. Se pose alors la question de ce que ce geste présuppose : à qui la fuite est-elle permise ? Il semble en effet que cette dernière ne soit pas accessible à tous, et reste un privilège indéniable. Fuir, c’est ne pas faire face. Mais loin d’être une lâcheté, elle peut devenir une stratégie de survie. Et, transfigurée par le geste artistique, la fuite se voit dotée d’un caractère esthétique qui, paradoxalement, appelle à l’engagement, là où nous sommes tentés de l’interpréter comme un désengagement du réel.
Devant l’impasse, face aux catastrophes, les guerres, les souffrances aussi différentes soient-elles, “je partirai !”. L’annonce esquissée par Stéphane Mallarmé dans Brise marine (Vers et Prose, 1893), il y a de cela deux siècles nous réunit encore aujourd'hui. Nous lisons son poème comme une promesse, le chant mélancolique d’un besoin de fuir et de son impossibilité. Animés par ce même désir, nous souhaitons nous extraire de ce monde malgré sa prégnance qui nous enserre. Se présente aussi un conflit interne, tiraillés entre l’égoïsme de la fuite et sa capacité à libérer autant qu'à rassembler.
Car la fuite ne se résume pas à une simple définition. De prime abord, il s’agit de se dérober face à une responsabilité, une menace ou une violence environnante. Se pose alors la question de ce que ce geste présuppose : à qui la fuite est-elle permise ? Il semble en effet que cette dernière ne soit pas accessible à tous, et reste un privilège indéniable. Fuir, c’est ne pas faire face. Mais loin d’être une lâcheté, elle peut devenir une stratégie de survie. Et, transfigurée par le geste artistique, la fuite se voit dotée d’un caractère esthétique qui, paradoxalement, appelle à l’engagement, là où nous sommes tentés de l’interpréter comme un désengagement du réel.