Candice Breitz

Née en 1972, Johannesburg (Afrique du Sud)
vit et travaille à Berlin (ALLemagne)

Née en 1972, Candice Breitz est une artiste originaire de Johannesburg dont le travail, essentiellement composé de vidéos et de photographies, entretient une relation ambivalente (autant fascinée que critique) à la culture populaire, cherchant à révéler comment celle-ci imprègne notre imaginaire et participe à la construction de notre identité. Après avoir étudié dans un premier temps dans sa ville natale aux Beaux-Arts de Witwatersrand, elle décide de partir aux États-Unis afin de poursuivre une formation en histoire de l’art, tout d’abord à Chicago puis à New York, où elle obtient un doctorat à l’Université de Columbia.
Vivant et travaillant désormais à Berlin, elle y enseigne depuis 2007 au sein de la Braunschweig University of Art. Reconnue internationalement, l’œuvre de Candice Breitz a fait l’objet de multiples expositions comme au Castello di Rivoli à Turin et au Palais de Tokyo en 2005, au San Francisco Museum of Modern Art en 2009, ainsi qu’à la Kunsthaus de Bregenz en 2010.
En 2017 Candice Breitz a représenté l’Afrique du Sud, avec Mohau Modisakeng, à la 57e Biennale de Venise.
En 2021, elle présente l’exposition I’m Your Man (A Portrait of Leonard Cohen) au Contemporary Jewish Museum à San Francisco.
En 2022, son travail fait l’objet d’une importante exposition à la Fondation d’Arts Visuels de Modène, Never Ending Stories, avec des installations récentes telles que Love Story (2016), Digest et Labor (2020).

À l’instar de Pierre Huyghe, Philippe Parreno ou Christian Marclay, Candice Breitz fait partie d’une génération d’artistes qui ne souscrivent plus à l’idéologie moderniste prônant nouveauté et originalité dans le domaine des arts. Sa pratique est celle du ré-emploi, de la ré-interpréation et de la reproduction de formes et d’objets déjà existants, selon des modalités (montage, sampling, réagencement, etc.) que le critique Nicolas Bourriaud a regroupées et théorisées sous le terme de « postproduction ». En effet, les vidéos de Candice Breitz puisent dans l’immense réservoir à images ready-made que fournit l’industrie du divertissement. Sa matière première provient ainsi de films, soap-opéras, clips et publicités d’où elle extrait figures et situations, à la manière d’un inventaire iconographique pop. Soliloquy Trilogy, en 2000, est une triple projection vidéo comprenant des extraits de Sharon Stone (dans le film Basic Instinct), de Clint Eastwood (dans Dirty Harry) et de Jack Nicholson (dans Les Sorcières d’Eastwick). Candice Breitz a isolé chaque moment où leur personnage prend la parole afin de les monter bout-à-bout et d’obtenir un monologue incompréhensible où s’expose moins l’acteur que le stéréotype qu’il incarne à l’écran. Le monde de la musique et les icônes pop qui le peuplent ont aussi conduit l’artiste à réaliser des installations vidéo où des morceaux emblématiques de leur répertoire sont repris par leurs fans. Queen (A Portrait of Madonna) ou encore Legend (A Portrait of Bob Marley), toutes deux datées de 2005, mettent en scène une communauté de personnes reprenant en chœur leur chansons les plus célèbres. La série photographique intitulée Monuments (2007) s’intéresse quant à elle à la relation particulière qu’entretiennent les fans avec leur idole (Marilyn Manson, Britney Spears, le groupe Abba,…). Ces grands formats problématisent la figure du fanatique, entre affirmation identitaire et retrait, mise en scène de soi et dissolution dans le collectif.

Dans ses œuvres plus récentes et au-delà de sa critique du langage médiatique, Candice Breitz interroge les possibilités de la narration et les conditions d’apparition de l’empathie, à travers des récits personnels que l’artiste recueille puis monte et met en scène dans des installations très élaborées.

La collection

Candice Breitz

The Babel Series

1999

La collection

Candice Breitz

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imprimé le 16 juillet 2024 [07:58] depuis l'adresse IP : 44.210.151.5
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