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METTRE EN JEU

« UE pratiques curatoriales » ENS / IAC

du  au 
© Adagp, Paris - © Camille Llobet

Camille Llobet, Faire la musique, 2017 (Romain Desgranges).

© Adagp, Paris - © Camille Llobet

Dans le cadre de l’« UE pratiques curatoriales » dirigée par Stéphanie Fragnon, David Gauthier et Isabelle Baudino, ENS de Lyon et par Nathalie Ergino et l’équipe de l’Institut d’art contemporain.

Au commencement, étaient des jeux. Enfant, c’est par le jeu que l’on découvre et explore l’espace réel et l’espace de notre imagination. On apprend notre corps : sa manière de bouger, de nous répondre, et à travers lui, notre place dans le tissu de la matière et des sensations. On habite le monde activement, sans codes, et plus tard, on oublie, on se fige dans un répertoire gestuel limité et répétitif. Quelle place donnons-nous alors au corps ? Déconsidéré, il semble devenir un lieu de normes et de règles.
Alors, pourquoi proposer de se remettre à jouer ? Choisir le jeu, c’est se ré-approprier le monde, son corps, la vitalité. Cette occupation gratuite en apparence, où le corps et la pensée fonctionnent ensemble sans hiérarchie, permet l’exploration de la part d’émotion dans nos gestes, de la part de fiction dans nos perceptions et les potentialités insoupçonnées du mouvement. Pourtant on a tendance à mépriser le jeu, à le mettre à distance du côté de l’imaginaire, du fictif, voire de l’inutile. Aujourd’hui, on subit les règles : les impératifs d’ordre face au désordre, et leur place dans la société. On connait des situations plus ou moins contraignantes, physiquement et mentalement, d’enfermement. Dans cette gravité, le réel, le corps et l’Histoire peuvent devenir les lieux d’une expérience pénible d’impuissance. Jouer est le choix, joyeux et naturel, d’inventer soi-même ses propres règles. Le réel échappe à la norme, redevient nouveau, sensible et surprenant : jouer met en mouvement, déséquilibre, place la création permanente au cœur de l’expérience du monde. Le joueur se sent libre d’expérimenter certaines pensées, gestes, émotions : il bouleverse sa relation au réel, reprend contact avec lui.

Notre volonté est d’explorer le potentiel des œuvres à « jouer », à nous faire prendre conscience de notre position dans l’espace, et renouveler notre perception en instaurant un écart vis à vis des codes. À travers ce parcours d’exposition, nous proposons l’expérience d’un pas de côté. C’est à partir de celui-ci qu’il est possible de renouer avec la légèreté, celle qui nous met en présence de poésie, de souvenirs réels ou imaginés, parfois d’ambivalence et de complexité. C’est pourquoi participer au jeu, se mettre en jeu, est pour nous une pratique très importante : celle d’une activation et d’une appropriation du réel, au moyen de notre corps et de notre imagination.
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i-ac.eu/fr/expositions/29_en-enseignement/2020/566_METTRE-EN-JEU
imprimé le 25 octobre 2020 [11:56] depuis l'adresse IP : 18.207.102.38
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