Camille Llobet

Née en 1982 à Bonneville (France)
Vit et travaille à Sallanches

Diplômée de l’École supérieure d’art de l’agglomération d’Annecy en 2007, Camille Llobet développe depuis plusieurs années un travail sur la question du langage. Elle réalise sa première exposition personnelle, Après coup, en 2010 à l’Attrape-couleurs (Lyon) dans le cadre du dispositif Galeries Nomades de l’Institut d’art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes.
D’une première pratique du théâtre en amateur, elle retient les exercices performatifs comme la lecture d’un texte sans respirer ou pousser la parole dans ses limites, jusqu’à l’épuisement. Le travail de Camille Llobet met régulièrement en scène des « corps parlants », c’est-à-dire des personnages placés dans des situations où le langage s’invente ou se distord. « Paradoxalement, c’est en le faisant devenir machine, en le faisant échapper à l’intellect, que l’on réincarne un corps et un langage, qu’on en révèle tous les phénomènes discrets », explique l’artiste à propos de sa démarche1. Dans son installation vidéo Prosodie (2013), sur deux écrans qui se font face, deux interprètes tentent de reproduire avec leurs bouches la bande son du film Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, célèbre pour la complexité de sa texture sonore.

Elle ne se limite pas au médium vidéo bien qu’elle l’utilise régulièrement. Ses recherches plastiques peuvent prendre la forme du dessin pour explorer le signe, comme pour Squelette de liste (2013) : une série de dessins à la mine de plomb d’après des notes griffonnées que l’artiste a récupérées auprès de différentes personnes. Dans ce rapport intime au mot et au signe, Camille Llobet trouve une forme de langage qui échappe aux normes et aux codes.

Elle fait la connaissance de Noha El Sadawy, jeune femme sourde, à l’occasion d’une invitation de Christian Bernard au Mamco (Genève), pour le rendez-vous régulier du musée, l’Anniversaire de l’art, en janvier 2014. Elle lui demande alors de commenter en langue des signes les mouvements de la fête pendant la soirée. C’est avec elle que Camille Llobet réalise ensuite la vidéo Voir ce qui est dit (2016), montrée au 61e Salon de Montrouge en 2016, et pour laquelle elle est lauréate du prix Jeune Création Movimenta en 2017. Dans cette vidéo, l’artiste filme Noha El Sadawy placée à côté du chef d'orchestre, Philippe Béran, pendant les répétitions de l’orchestre du Collège de Genève. Quatre répétitions, de trois heures chacune, ont ainsi été expérimentées. La performeuse décrit, en langue des signes, ce qu’elle voit mais n’entend pas. Avec humour et finesse, l’artiste capte ces deux corps en parallèle cherchant à pousser le langage dans ses retranchements afin de rendre visible ce qui ne peut être dit.

La collection

Camille Llobet

Faire la musique

2017

Éditions

Rendez-vous 12

2012

Éditions

Rendez-vous 11

2011

Éditions

Galeries Nomades 2010

2011

Analogues, Arles
Éditions

Camille Llobet

Après coup

2011

Analogues, Arles
ex situ
à venir
Rendez-vous satellite Rencontre

Rencontre-conversation entre Denis Cerclet et Camille Llobet

Dans le cadre de Collection à l'étude, Parcours d'art contemporain à Villeurbanne

2018

La collection

Camille Llobet

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imprimé le 12 novembre 2018 [19:51] depuis l'adresse IP : 54.80.249.4
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