Guillaume Leblon

à dos de cheval avec le peintre

du  au 
Après sa participation à différentes expositions collectives (Fabricateurs d’espaces, 2008 ; 1966-79, 2013), Guillaume Leblon répond à la nouvelle invitation de l’IAC et réalise une importante exposition personnelle, pour laquelle il investit la totalité de l’espace. Première grande monographie de l’artiste, l’exposition est conçue comme une œuvre à part entière.
Dans un vocabulaire visuel riche et intuitif, Guillaume Leblon propose des structures en apparence rudimentaires qui modifient la perception du temps et de l’espace. Mis en valeur dans leurs potentialités physiques, les formes et matériaux travaillés par l’artiste semblent s’imprégner du passage du temps, dans sa dimension atmosphérique autant que mémorielle. Inscrites dans les œuvres, l’intervention de la « main » de l’artiste, l’importance qu’il accorde au « faire » dans une acception large – se déplacer, bricoler, mouler, agglomérer, enfouir… – donnent à la sculpture de Guillaume Leblon une énergie vitale et une possibilité de narration.

À dos de cheval avec le peintre est une exposition pensée par l’artiste comme une promenade. Ce titre polyphonique, élégant et libre, convoque des paysages à parcourir, un cheminement cadencé et un regard éclairé, toutes choses qui habitent, en arrière-plan, le travail de Guillaume Leblon. L’artiste investit totalement l’espace de l’IAC, espace contraint dont il défie la rigidité, la symétrie, le cloisonnement, dans l’idée de créer une circulation fluide, un mouvement circulaire. Ainsi, dans l’exposition de Guillaume Leblon, le centre n’est pas le centre, l’extérieur est à l’intérieur, les masses n’ont pas de corps tandis que les surfaces se densifient et les œuvres traversent les murs, ou infiltrent les sols.

Le rapport sensible de l’artiste aux éléments et au passage du temps imprègne les œuvres et incarne les matériaux, induisant pour chacun une appropriation subjective. L’espace d’exposition « vit » et se transforme, il suinte, il respire, il se sédimente ; ce qui est à voir n’est pas toujours ce que l’on voit, dans le sens où il s’agit pour l’artiste de mettre en mouvement le travail et le regard, d’inscrire l’idée de passage dans la conception même de l’œuvre. Cette instabilité fondatrice n’empêche pas, bien au contraire, un soin extrême apporté à l’agencement des pièces, à la compréhension des matériaux, au sens des gestes, au traitement de la lumière, au langage des formes.

Dans l’exposition de Guillaume Leblon, le visiteur marche sur une œuvre, sort de l’Institut pour parcourir l’exposition, franchit des passerelles. Il se laisse méduser par des formes en latence, devine des objets enfouis dans la matière, se souvient d’une visite d’un mastaba ou construit un récit à partir de fragments.

Résistant au discours simplificateur autant qu’à l’enfermement des formes, Guillaume Leblon élabore un nouveau paysage de sculpteur qui privilégie un rapport poétique à l’espace et au monde - une relation active, mobile, ouverte, où les questions du temps, de l’absence, de la mémoire, sont renouvelées par les œuvres récentes de l’artiste, non pas tant inscrites dans le registre du geste, comme les œuvres antérieures, qu’issues d’opérations de collages d’éléments ; une nouvelle famille d’œuvres où surgissent parfois les figures humaine et animale.


Guillaume Leblon est né à Lille en 1971. Il a depuis une dizaine d'années un parcours d'envergure internationale, ses expositions personnelles récentes ont eu lieu à : Mass Moca, USA, 2014 ; Musée de Sérignan, 2012 ; Le grand café, Centre d’art contemporain, Saint-Nazaire, 2010 ; MUDAM, Luxembourg, 2009 ; CGAC, Santiago de Compostela, Espagne, 2008 ; STUK, Leuven, 2008 et Crédac / Galerie Fernand Léger, Ivry-sur-Seine, 2006. Il a également participé à de nombreuses expositions collectives dont : Les prairies, Biennale de Rennes, 2012 ; Pour un art pauvre, Carré d’art, Nîmes, 2011 ; Une Terrible Beauté Est Née, Biennale de Lyon, 2011 et Constellation, Centre Pompidou–Metz, 2009.
IAC → EXPOSITIONS → in situ → Guillaume Leblon → à dos de cheval avec le peintre
i-ac.eu/fr/expositions/24_in-situ/2014/259_A-DOS-DE-CHEVAL-AVEC-LE-PEINTRE
imprimé le 09 décembre 2016 [07:03] depuis l'adresse IP : 184.73.107.18
© Institut d’art contemporain 2016