Liliana Moro

Née en 1961 à milan (italie)
vit et travaille à milan

Après des études à l’Académie de Brera où elle se familiarise, notamment grâce à l’enseignement de Luciano Fabro, avec les matériaux et les techniques de la sculpture, Liliana Moro fonde à Milan avec Bernhard Rüdiger, Mario Airò, Andrea Rabbiosi et Stefano Arienti l’espace d’art autogéré Lo Spazio di via Lazzaro Palazzi, puis la revue Tiracorrendo dont elle assure la direction de la rédaction. Ces deux lieux d’expression lui permettent d’inscrire ses travaux (souvent expérimentaux) dans une certaine continuité thématique.

Adoptant les formes les plus variées – du dessin à la sculpture en passant par la musique, la vidéo et la performance – les œuvres de Liliana Moro traduisent son intérêt pour la multiplication des médiums, des points de vue et des expériences.
Pour l’exposition Conto Terzi à Soncino (Lombardie) en 1989, elle installe sur l’une des portes de la ville l’inscription Spazio Libero [Espace libre]. Lisible en entrant et en sortant de la cité, le sens de la phrase changeait ainsi selon le repère. Elle travaille sur cette idée de déplacement et de détournement d’une autre façon, à Paris en 1991, lorsqu’elle participe au projet collectif Vitrine au Peep Show organisé par Hortense Staël, en projetant des images de peintures de la Renaissance italienne sur les corps des danseuses d’un peep-show de la rue Saint-Denis. Cette contribution, intitulée Souvenir d’Italie, reste l’un de ses travaux les plus emblématiques.

Si les œuvres de Liliana Moro traitent effectivement de féminisme, de sexualité et de psychologie, la compréhension de sa démarche passe davantage par le monde de l’enfance. La folie, l’angoisse, l’obsession et l’espace, que l’on retrouve de manière récurrente dans sa pratique, s’accompagnent le plus souvent de matériaux dont la chaleur et la douceur sont des propriétés essentielles. Il s’agit de rencontrer l’autre, de découvrir le monde, de tenter de dénouer les complexités de celui-ci par un changement de perspective, de proportion et grâce à l’exploration de tous les moyens artistiques possibles.
Liliana Moro peut ainsi faire parler les objets, faire jouer d’autres sens par une mise à distance, un déplacement et un détournement continus. L’artiste crée des effets de révélation et de stupéfaction, en employant les qualités physiques et matérielles des objets de façon expressive. En 1990, elle réalise l’œuvre Paradiso Artificiale, un grand mur en mousse jaune couvrant entièrement une paroi de la galerie de l’espace de la Via Lazzaro Palazzi à Milan. Par la présence de cette matière moelleuse et chaleureuse, l’artiste évoque des sensations et des perceptions instinctives qui deviennent alors images.

Dans les années 1990, Liliana Moro étend encore ses champs d’exploration des modes d’expression artistiques. Elle crée dès lors un certain nombre d’œuvres au sein desquelles le théâtre et la danse viennent se mêler à la création plastique. Nessuno [Personne] en 1993 est l’une de ses propositions ; un travail complexe sur la voix, le corps, le texte, mais aussi la performance de l’acteur, l’espace et les principes ritualisés du théâtre autour des Jours Heureux de Samuel Beckett. Il s’agit alors pour l’artiste d’explorer la notion de mise en scène : celle des objets, des participants à la performance, de l’œuvre et du spectateur. Et comme toujours, faire appel à l’imaginaire de l’enfant, proposer une nouvelle image possible de la réalité, raconter cette vision étrange à la manière d’une fable.

La collection

Liliana Moro

Il rovescio della medaglia

1994-1998

Éditions

Manifesto - Côté Sud... Entschuldigung

1999

Institut d’art contemporain
La collection

Liliana Moro

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imprimé le 21 octobre 2019 [04:30] depuis l'adresse IP : 3.227.249.234
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