Alain Séchas

Né en 1955 à Colombes (Hauts-de-Seine)
Vit et travaille à Paris

Alain Séchas expose ses œuvres depuis 1984 ; il a représenté la France à la Biennale de São Paulo en 1996. Les disciplines qu’il pratique sont diverses – dessin, peinture, vidéo, sculpture… – et s’inscrivent dans une démarche qui vise à saisir le réel dans l’instantanéité de ses mouvements, afin de lui faire subir un travail de déréalisation et de simplification aboutissant à une expression immédiatement reconnaissable.
Cherchant à déconcerter, à faire agir et réagir le spectateur, Alain Séchas questionne le rôle de l’art et la manière dont il peut prendre place dans la vie. Une de ses œuvres les plus emblématiques est Le Mannequin (1985). À la fois figure rhétorique et gag visuel, l'œuvre propose une remise en question de la sculpture : il s’agit d’un mannequin renversé, en complet veston, les bras ballants, la tête prise dans une cuvette contenant du béton. L’homme, capturé par son propre socle, semble vouloir s’en extraire en gesticulant. Le Mannequin fait écho, en négatif, à une autre œuvre de Séchas, La Grosse Tête (1986). Cette fois-ci c’est le corps qui est pris dans un socle en plexiglas transparent, d’où émerge, comme un champignon en train de pousser, une gigantesque tête, lisse et immaculée. Par un procédé d'inversion, Alain Séchas questionne ainsi le socle de la sculpture traditionnelle tout en oscillant, sur le fond, entre le dérisoire, le burlesque et le tragique.
Dans ses dessins comme dans ses sculptures des années 1990, l’artiste fait intervenir de manière récurrente des figures anthropomorphes : les chats sont les plus connus, mais on trouve aussi des martiens, des pieuvres, des fantômes… Ces personnages jouent des scènes grotesques déployant une idée du monde assez sombre où l’humour grinçant n’est bien souvent que la face risible du négatif. L’artiste dresse un panorama de nos peurs et de nos frustrations : suicides absurdes (une seule balle atteint plusieurs personnes en décrivant une courbe improbable), viols, décapitations et pertes de divers membres, fleurs carnivores tirant un char romain, os jaune muni de pattes, Hitler en bébé-chat reproduit à l’infini par un jeu de miroirs (Enfants gâtés, 1997). Il explore également les relations d’autorité, comme la relation père-fils où la figure paternelle est toujours ramenée à un simple portrait, tantôt sévère (Le Chat écrivain, 1996), tantôt mortel (Les Papas, 1995). Ou bien le rapport élève-professeur, dont l’apprentissage se révèle désastreux (Professeur Suicide, 1995). Le spectateur se retrouve ainsi pris en défaut : tout comme l’élève ou l’enfant, fasciné par une image autoritaire, il doit toujours s’interroger sur ce qu’il regarde.

« Le travail d’Alain Séchas, par la rigueur qu’il introduit dans sa fuite hors des figures imposées de l’esthétique contemporaine, nous replonge violemment dans la recherche anxieuse de critères susceptibles de définir notre intérêt pour des images souvent grotesques, apparemment bâclées, absurdes et violemment déraisonnantes. Son univers se donne comme la charnière des deux visions de l’art, point-limite entre formalisme et excentricité, théorie et anecdote1 ».

La collection

Alain Séchas

Papa

1995

La collection

Alain Séchas

Petits films d'animation

1995

La collection

Alain Séchas

Suicide

1991

Éditions

Présentation (œuvres du FRAC Rhône-Alpes) & Propositions

1988

FRAC Rhônes-Alpes, Lyon
Éditions

L'inventaire

1988

FRAC Rhône-Alpes
La collection

Alain Séchas

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imprimé le 20 août 2018 [19:19] depuis l'adresse IP : 54.162.171.242
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