Mimosa Echard

Née en 1986 à Alès (France)
Vit et travaille à Paris

Mimosa Echard est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 2010. Elle participe à plusieurs expositions en galerie avant d'être présentée en 2013 à l'exposition De leur Temps 4 : Nantes au Centre d'Art Le Hangar à Bananes - le Hab de Nantes. En 2015, elle est nominée au Prix Meurice, puis en 2014, elle est invitée au programme de résidence Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette. Mimosa Echard a présenté sa première exposition personnelle, iDEATH,  à la Galerie Samy Abraham, Paris, en 2016 ; puis l’exposition personnelle Pulsion Potion à Cell Project Space, Londres, en 2017. Ses œuvres figurent dans les collections du Centre national d’art contemporain, du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, du Domaine de Chamarande, du FRAC Corse, de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette et de la Sadami Art Foundation.

À la manière d’une préparatrice polyvalente, mêlant pharmacopée, cosmétique et biologie, Mimosa Echard élabore depuis quelques années de curieuses mixtures qu’elle incorpore dans des objets de sa conception. Sans faire de mystère, l’artiste détaille volontiers les ingrédients de ses troublants cocktails, associant compléments alimentaires, vitamines, minéraux, plantes, champignons, algues, etc. Encapsulées dans des caissons de plexiglas, des pâtes de cire d’abeille et de cire dépilatoire renferment ainsi une myriade de substances choisies pour leurs effets antagoniques (A/B, 2016). Caféine versus opiacé, coca contre pavot. Tout est question de dose, d’interaction et d’effet secondaire dans cette logique retorse qui travaille nos corps et ses humeurs, selon les injonctions contradictoires et l’hyper-contrôle du biopouvoir1. Dans ce même bain cohabitent aussi des contraceptifs et des stimulants de fécondité, régulateurs de la reproduction dont les équivalents passés valurent à des milliers de femmes indépendantes d’être accusées de sorcellerie2.

Sorcière postmoderne, Mimosa Echard se tient à la croisée de multiples contre-cultures : hérésies médiévales, syncrétisme New Age, naturalisme wicca3, esprit punk Do It Yourself et technologie cyborg. Son enfance, passée dans les Cévennes au sein d’une communauté post-hippie, l’éveille aux médecines alternatives comme la phytothérapie, le macrobiotisme ou l’homéopathie. Mais, la porosité immanquable du corps, parcouru d’hormones, de perturbateurs endocriniens, d’organismes génétiquement modifiés, de conservateurs ou de particules fines court-circuite ces approches. Dans l’esprit des jardins hybrides de Tetsumi Kudo ou des reliquaires technologiques de Paul Thek, prédisant l’émergence d’une humanité greffée de prothèses électroniques et dissoute dans sa propre pollution, Mimosa Echard pense des corps chimiquement augmentés, baignant dans le continuum d’un monde où tout s’enchaîne. Un monde-magma où cèdent les barrières génétiques, alimentaires, immunitaires, hormonales…

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imprimé le 18 novembre 2019 [10:20] depuis l'adresse IP : 3.226.254.115
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