Laboratoire espace cerveau - Station 19 ex situ

Journée d'étude - À la Fondation Fiminco, Romainville - samedi 15 mai 2021
La nuit, de l'insomnie
au rêve éveillé : un espace de subversion ?
Dormir la nuit, vivre le jour : cette alternance rythmerait la plupart des existences humaines. Mais, comme en prend acte le projet Freedom of Sleep d’Anabelle Lacroix, les porosités entre jour et nuit, veille et sommeil sont multiples et culturelles. Au moment où les heures du sommeil sont désormais comptées, rongées par l'impératif de productivité, par l'anxiété exponentielle de nos sociétés épuisées et par la disparition croissante de l’obscurité, une nécessité apparaît : comment habiter la nuit ? Quels espaces de subversion, réels ou imaginés, nous reste-t-il ?

Faire jour sur la nuit, surconsommer chaque seconde nous poussent paradoxalement à l’insomnie - cette incapacité à lâcher prise. S'il faut faire du sommeil un droit, vivre la nuit peut également constituer une alternative, une manière de se réapproprier nos fatigues pour repenser les rythmes normés. Cette Station 19 intitulée La nuit. De l'insomnie au rêve éveillé : un espace-temps de subversion ? s’intéresse donc à la désynchronisation cacophonique des corps et des environnements. Elle invite à la fois au décentrement - à l’observation de la multiplicité des rythmes veille/sommeil qui constituent notre monde cosmomorphe - et au recentrement - à la capacité d’écoute attentive de l’horloge interne et unique de chacun, et investit l’insomnie et l’espace-temps de la nuit comme des espaces de luttes autant réelles, politiques que personnelles, déproductives et sousoptimales.

La nuit, terrain fertile d’où émergent différents états de conscience, devient le lieu propice à la cohabitation d’une pluralité d’êtres. Dans l’univers filmique d’Apichatpong Weerasethakul, dont le travail sera présenté à l'IAC de juin à octobre 2021, les corps, les éléments et les temporalités se rencontrent et se confondent, à l’abri des frontières et des hiérarchies induites par la lumière du jour. La limite franche laisse place à la continuité et à la résonance collective. Chargée d’une puissance à la fois onirique, politique et métamorphique, l’obscurité transforme notre expérience du monde et nous permet ainsi d’imaginer et de redéfinir nos modalités de coexistence.

Œuvres à l’étude : exposition Freedom of Sleep (commissaire Anabelle Lacroix, Fondation Fiminco du 21 avril au 16 mai 2021) et exposition Periphery of the Night d'Apichatpong Weerasethakul à l'IAC (du 18 juin au 31 octobre 2021).
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i-ac.eu/fr/postits/184
imprimé le 14 avril 2021 [19:38] depuis l'adresse IP : 3.236.228.250
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