Joachim Koester

Of Spirits and Empty Spaces

du  au 
Tenant à la fois du documentaire et de la fiction, le travail de Joachim Koester revisite et réactive certaines formes du passé tout en s’attachant aux questions de la conscience et de l’altération des sens.

L’artiste développe un principe récurrent de montage de l’image pour s’emparer d’une mémoire collective et mener une exploration à caractère aussi bien géographique que mental. Dans cette enquête permanente sur l’épreuve du temps et de l’effacement, Joachim Koester se nourrit de la dualité entre rapport scientifique au réel et expérience sensible. Ainsi, les lieux chargés d’histoire puis désertés, vers lesquels il se tourne, accomplissent souvent, dans leur représentation photographique ou filmique, cette abolition volontaire des frontières entre approche conceptuelle et empirisme.

L’Institut d’art contemporain invite Joachim Koester à réaliser sa première exposition monographique d’ampleur, réunissant un ensemble important d’œuvres récentes, principalement depuis 2005, ainsi que des œuvres nouvelles, constituées essentiellement de films et de photographies. L’exposition est conçue par Joachim Koester comme un parcours immersif dans la pénombre, construit dans la totalité de l’espace. Pour lui, cette exposition constitue une matrice dont les éléments (idées, personnages, sujets, émotions) tissent des liens d’une salle à l’autre.
Correspondant à une période-charnière chez Joachim Koester, Message from Andrée (2005) est une œuvre qui comporte pour la première fois un film à effet de clignotement et dont la dimension documentaire est prétexte à une expérience perceptuelle. A partir de là, l’artiste va de plus en plus aller en quête des « esprits ».
La « chasse aux fantômes » (« ghost-hunting ») à laquelle se livre Joachim Koester dans ses œuvres, pour remettre au jour des personnes ou des lieux oubliés, a souvent à voir avec l’occultisme, ou avec des rituels expérimentant différents types de perceptions. Sont alors convoqués les recherches chamaniques de Carlos Castaneda, des lieux de magie noire ou de communautés hors-la-loi, ou encore des territoires sujets à une « psychogéographie ».
Dans son intérêt pour l’exploration d’un monde mental inconnu, l’artiste revisite les dessins sous mescaline d’Henri Michaux en réalisant un film à caractère « psychédélique » et dont l’effet aveuglant renoue avec une esthétique du clignotement lumineux ou Flicker.

Les œuvres récentes de Joachim Koester mettent en scène le corps par la création d’un langage de gestes évoquant sur un mode minimal la question de la transe, d’un corps « habité », comme possédé. Variations of Incomplete Open Cubes est l’une des nouvelles œuvres réalisées par Joachim Koester pour l’exposition à l’Institut. à partir d’une des sculptures minimalistes de Sol LeWitt, l’artiste crée une « danse pour les mains » et donne au corps le rôle de « machine enregistreuse ».

La démarche conceptuelle et expérimentale de Joachim Koester, en tension entre rationnel et irrationnel, rejoint en partie les recherches menées par le Laboratoire espace cerveau de l’IAC. Dans ce cadre, l’artiste propose comme œuvres à l’étude Le rideau des rêves. Visions hypnagogiques présentées par Yann Chateigné, critique d’art, commissaire d’expositions, responsable des arts visuels à la HEAD (Haute Ecole d’Art et de Design), Genève.

Né en 1962 à Copenhague (Danemark), Joachim Koester vit et travaille à Copenhague et à New York. Il a participé à la Documenta 10 de Kassel (1997) et à la Biennale de Venise (2005). Il a réalisé de nombreuses expositions personnelles et collectives à travers le monde : Museo Tamayo, Mexico City (2010); Kestnergesellschaft, Hanovre (2010) ; Turker Art Museum, Finlande (2009) ; Moderna Museet, Stockholm (2007) et en France, notamment au Frac Lorraine, Metz (2009), à la Galerie, Noisy-le-Sec (2007) et au Centre National de la Photographie, Paris (2001).

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imprimé le 23 août 2017 [02:37] depuis l'adresse IP : 54.92.170.142
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