Evariste Richer

L’Œil du Perroquet

2008

Horizon artificiel, moteur

Lors de l'exposition Fabricateurs d'espaces, L'Œil du perroquet (2008) venait se superposer à Écran. L'un éprouvant directement la vision, l'autre interrogeait la conceptualisation de l'espace. La pièce peut être décrite comme une version « minimalisée » d'un horizon artificiel (la graduation qui indique le degré d'inclinaison horizontale de l'avion ayant été effacée) dont l'assiette s'emballe et tourne de manière incongrue, semblant entraîner avec elle le lieu tout entier. Instrument de mesure de la réalité, l'horizon artificiel divague et éclaire notre dépendance aux outils de la rationalisation du monde. C'est alors la distance croissante de notre compréhension de l'environnement qui se donne à lire dans L'Œil du perroquet, une perte des repères qui renvoie violemment à la disparition du rapport sensible au réel. « Pour moi, dit l'artiste, le perroquet incarne l'idée du contretemps qui confère du relief à notre réalité. Stéréotype de la répétition, le perroquet répète les mots qu'il entend, comme le cinéma reproduirait le monde. » À partir d'un geste simple, Evariste Richer touche à nos certitudes et éclaire, non sans une certaine ironie, la perte de contrôle et la fuite du naturel.

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© Blaise Adilon

Evariste Richer,  L'Œil du Perroquet, 2008 © Blaise Adilon

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