Jean-Marie Perdrix

Né en 1966 à Bourg-en-Bresse (France)
Vit et travaille à Paris (France)

Jean-Marie Perdrix a fait ses études à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et à l'Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap) de Paris, fondé en 1988 par Pontus Hultén, où il côtoie notamment Xavier Veilhan et Chen Zhen. Cette génération caractérise un certain renouveau de la sculpture française.
Sculpteur, Jean-Marie Perdrix l'est également : au fil des années, sa pratique s'enrichit au cours de voyages en Géorgie, en Serbie, au Mexique. Mais c'est au Burkina Faso, à Ouagadougou, qu'il décide de travailler en collaboration avec des maîtres bronziers, dès le milieu des années 90. Il a été exposé à la biennale d'art contemporain de Rennes en 2016 et à l'IAC en 2018 à l'occasion du projet Otium#3.

Les premières sculptures de Jean-Marie Perdrix étaient des Formes insaisissables (1987) : simple arête ou arrondi qui échappe à la prise de la main, tout en appelant son toucher. Ce caractère d'indécision traverse le travail de l'artiste : naturel ou artificiel ? Minéral ou animal ? Objet sacré ou objet d'usage ? Peaux tannées, chairs fondues, os se mêlant au bronze, plastique brûlé, il y a, dans le processus de transformation de la matière une certaine âpreté pour ne pas dire violence. Cette violence est plus frappante lorsque des procédés habituellement appliqués à une matière inerte s'expriment sur de la matière animale. Telles ces boules de plastique et de poils de chèvre ou de vache (Deux poids, deux mesures, 2015 et Boules peaux de vache, 2016) qui semblent avoir été formées par fusion ou par concrétion géologique. Ces métamorphoses, machinées par quelque dieu capricieux, peuvent aussi évoquer le merveilleux : tête de cheval en peau de chèvre ou chèvre en forme de cheval (Cheval de chèvre, 2016), monstres Pneumatocéphales (2015) ou zébus cyclopes (Sans titre, 2015).
Jean-Marie Perdrix a mis au point avec ses collaborateurs burkinabés une technique pour recycler et fondre les déchets plastiques, et créer une matière qu'il utilise pour certains moulages. Notamment les Yaba (2002-2016), des fétiches en plastique noir sont les reproductions d'un authentique totem offert à Perdrix par sa tante. En 2016, Perdrix fait réaliser au sein de sa coopérative une trentaine de bureaux d'écoliers dans ce plastique, destinés à une école de Ouagadougou. « À partir d'un même élément, je peux faire des œuvres purement symboliques et d'autre fois des pièces purement utilitaires », affirme l'artiste. Il reconnaît pourtant que ces bureaux de l'école de la IIIe République ont pourtant une dimension totémique. On peut dire que Jean-Marie Perdrix fabrique des       « faitiches » – néologisme forgé par Bruno Latour à partir d'une contraction des mots « fait » et « fétiche » : le faitiche est un hybride, un compromis entre raison et croyance.

IAC → Jean-Marie Perdrix ← Artistes
i-ac.eu/fr/artistes/1661_jean-marie-perdrix
imprimé le 07 décembre 2019 [20:34] depuis l'adresse IP : 3.234.214.179
© Institut d’art contemporain 2019