François Bouillon

Né en 1944 à Limoges
Vit et travaille à Paris

Artiste autodidacte, François Bouillon s’intéresse très tôt aux arts premiers, qu’il collectionne. Son travail, constitué de dessins, de photographies, de peintures, de sculptures et d’installations, s’inspire de l’alchimie, ainsi que des traces et des objets rituels des peuples du Mexique, d’Alaska, du Sahara ou encore d’Australie. Proche du Lettrisme d’Isidore Isou, il est considéré comme un héritier du mouvement Dada.

François Bouillon qualifie ses œuvres d’ « instruments », signalant ainsi leur statut inachevé autant que la possibilité de leur manipulation. Il se sert de matériaux élémentaires – terre, bois, os, roche – et des formes simples, tel le Y (Y Cônes, 1990) qui apparaît de manière récurrente dans son travail, que ce soit sous forme picturale ou sculpturale. Le Y est utilisé pour sa variabilité symbolique : tantôt une fourche, un bâton de sourcier, le symbole mathématique d’une inconnue, une image androgyne, l’idéogramme chinois pour « homme », la représentation de la Trinité, un chemin qui se sépare ou la confluence de deux fleuves. François Bouillon joue avec la polysémie du Y, mêlant ainsi des histoires, des cultures et des imaginaires différents, dans une volonté d’universalité.

Pour une commande réalisée en 1991 dans le cloître de la cathédrale de Langres, en Haute-Marne, François Bouillon emploie à nouveau le Y, dans une œuvre intitulée La spirale du temps. Sept séries de Y en acier - reproduisant une, deux, trois, quatre, cinq, six et sept fois la lettre – sont placées le long d’une spirale également en acier inoxydable poli dont le centre est un puits circulaire. Au fond de ce puits, clos par une plaque de verre feuilleté, une petite fourche en bois d’if se reflète dans un miroir, « relique végétale dans un caisson de béton ». Outre la spirale et le Y, François Bouillon exploite ici également la symbolique du nombre, la septième série qui marque la fin de la spirale l’ouvrant sur l’infini.

L’artiste résume son travail par l’expression « Me-Le », « Me » évoquant une pratique personnelle, qui se nourrit d’éléments extérieurs : « Le ». À la limite de l’interjection, cette formule vaut à la fois comme définition et comme motif récurrent : parfois orthographié « meuleu », « Mele », ou simplement « M. L. », le signe acquiert une dimension sculpturale lorsqu’il est inscrit sur des œufs d’autruche (L.M. Mele, 1985), recouvert de riz ou caché en partie par un sac poubelle (les Pléonasmes meuleu, 1986), ou placé au centre d’étranges cairns (Ronde de nuit Mele, 1984). Pour Sablier Mele (1986), deux demi-cônes de cuivre semblent graviter le long de cercles concentriques blancs tracés à même le sol, et alignés à une série de plumes noires plantées dans le « sablier ». Cette œuvre est emblématique du travail de François Bouillon, qui réutilise des éléments empreints d’une spiritualité quasi primitive afin de construire sa propre cosmologie.

La collection

François Bouillon

Le Phoque en immersion / Le Phoque fait surface

1981

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imprimé le 18 août 2017 [02:57] depuis l'adresse IP : 54.81.157.56
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